Laboratorio internacional por el habitat popular

Exposition Itinéraire Synchrones Eva Alonso / Christophe Galatry

- 05/01/2018 -

Dans le cadre de la démarche« Villes et peuples protagonistes » initiée en 2016 le Laboratoire International pour l’Habitat Populaire à decidé d’organiser des actions et des manifestations à son siège à Saint Denis, en particulier des expositions, des rencontres cinématographiques et des débats thématiques susceptibles de participer à l’élaboration d’un appareil critique et engagé de ses productions. C’est dans ce cadre que l’exposition « Itinéraires Synchrones » est programmée. Le LIHP est convaincu de l’importance et de l’enrichissement que celle-ci apportera aux réflexions et questionnements que soulèvent les problématiques urbaines et d’habitat en général.

A noter que cette exposition a reçu le soutien du fond de dotation d’art contemporain Artutti avec lequel nous souhaitons développer un partenariat moyen terme.

 

 

 

 A propos de l’exposition : 

A parcourir l’exposition et lors de discutions avec certains visiteurs des interrogations ont émergé. Les artistes, Eva Alonso et Christophe Galatry, nous donnent quelques éléments de réponse : 

 

Comment s’est faite votre rencontre ? Quels sont les éléments qui ont motivés le travail commun ? De quelle manière ? Quel type de dialogue avez-vous engagé à travers les images ?

Notre rencontre « photographique » s’est faite  sur le réseau social Instagram. Nous avons décidé de rassembler notre travail sur nos villes respectives dans un même réseau. Peu à peu, l’idée de produire des images des deux villes, Buenos-Aires et Marseille, se confrontant les unes aux autres, est né.

 

Quel est pour vous le sens de la marche, pour vous d’une part et dans l’acte plastique d’autre part ?  Rappelons que Gilles Deleuze disait :  « Marcher, flâner, dériver peut mettre en jeu et simultanément, plusieurs processus de déplacement vécus comme expériences, spéculations, et devenirs : étranger le territoire, dépayser le lieu, injecter de la fiction dans le réel, insinuer du trouble dans l’ordinaire, insérer une fable dans le récit, faire des lignes entrelacées ou droites, faire des gestes, fabriquer de l’expérience, croire au monde… » 

 Nous utilisons la marche, l’image et le dessin comme outils de documentation actifs afin de rapprocher nos propres dérives et ainsi construire des récits synchrones. Chacun séparément nous choisissons des images de nos marches. Les photographies sont réalisées sans nous concerter au préalable.

Celles-ci sont la résultante de dérives à partir des points de départ choisis et d’itinéraires qui peuvent suivre ou établir des parallèles au trait de côte de chacune de deux villes. Puis chacun, l’un après l’autre, nous confrontons en ligne nos images ensemble, non sans jouer sur ce hasard que va permettre cette disposition sur la toile du web.

 

La cartographie est-elle une nécessité pour vous ? En particulier quand on se réfère à la ville ? Est-ce une transposition d’une réalité abstraite (le terrain) à une fiction concrète (sa représentation) ? Autrement dit, est-ce une métaphore ? Là encore je citerai Deleuze et Guattari : 

« Si la carte s’oppose au calque, c’est qu’elle est tout entière tournée vers une expérimentation. La carte est ouverte, elle est connectable dans toutes ses dimensions, démontable, renversable, susceptible de recevoir constamment des modifications. Elle peut être déchirée, renversée, s’adapter à des montages de toute nature, être mise en chantier par un individu, un groupe, une formation sociale. On peut la dessiner sur un mur, la concevoir comme une œuvre d’art, la construire comme une action politique ou une médiation…une carte est affaire de performance, tandis que le calque revoie toujours à une compétence prétendue. »

Si nous déterminons une même direction selon les points cardinaux que nous allons emprunter, nord, sud, est, ouest, c’est une synchronie.

De fait nous nous dirigeons dans une même direction mais pas dans un même sens par rapport à la côte et à la mer.

Enfin, une question sur le rapport entre l’urbain et votre pratique artistique. L’urbain semble être au cœur de votre pratique artistique. Vous avez travaillé sur des territoires de « rebut », « résiduels » et scruté les débris de la ville laissé pour compte, ce qui est refusé, refoulé ou ce qui s’y dérobe, les lapsus. Dites-nous en plus.

Nous recherchons des aspects de l’environnement bâti, des espaces de frictions, d’abandons ou de refuges, des rapports entre la nature (ou fragments de nature) et le béton. Comment chacun de nous deux perçoit l’espace qu’il traverse, le transcrit et comment ensemble nous le questionnons en confrontant nos choix par des hasards, en révélant les contradictions les apparences identiques chacun à l’intérieur de notre travail, et de l’un à l’autre.

 

Alors si ce n’est pas Buenos Aires ou Marseille et qu’il y a ville, quelle ville est-ce ? Quelle ville naît au travers du choix des images retenues par vous ? 

Nous travaillons sur des notions de confrontations graphiques, de liaisons entre nos images. Comment nous pouvons percevoir deux villes sans que jamais l’une se distingue par rapport à l’autre. De cette dualité naît une troisième image mentale.

 

 

 

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- 05/01/2018 -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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