Présentation / Presentación

Laboratoire international pour l'habitat populaire

Présentation

Par votre mandat électif ou votre profession, vous êtes investi dans le champ de l’habitat populaire ; votre pratique et votre réflexion vous conduisent à penser que, notamment pour des raisons politiques, ce secteur est en crise ; vos valeurs vous amènent à poser, comme un objectif de première importance, la définition des voies et moyens de sortie de cette crise...

Parce que nous sommes aussi investis dans le champ de l’habitat populaire, que nous faisons la même analyse et poursuivons le même objectif nous avons fondé le Laboratoire International pour l’Habitat Populaire.
Voilà pourquoi nous mettons aujourd’hui à votre disposition le pourquoi et le comment de cette initiative.

Pour télécharger la plaquette de présentation :

                  

A l’initiative de Fabian Beethoven Zuleta et de Jean-François Parent, durant près de deux ans, ces différentes personnalités ont échangé - à partir de leurs expériences et de leurs réflexions- sur la question de l’habitat populaire. Ce faisant, ils ont constaté, qu’au-delà de la diversité de leurs situations géographiques, ils rencontraient des obstacles similaires et partageaient le même objectif. Pour examiner ensemble la possibilité d’une action commune, ils ont organisé un Séminaire à Medellin (Colombie) en octobre 2008. La fondation du Laboratoire International pour l’Habitat Populaire constitue le fruit de leurs travaux.

De la crise de l’habitat populaire...

Sur toute la planète, les conditions d’habitat indignes d’une fraction importante des milieux populaires ne se résorbent pas. Cette réalité atteste l’approfondissement continu de la crise de la production de l’habitat populaire. L’articulation de trois facteurs, d’importance inégale, nourrit cette crise.
Une faillite architecturale. Trop souvent, la conception de l’habitat populaire ne prend pas en considération les conditions d’environnement et d’urbanisme qui permettent de faire ville et cadre de vie... ainsi, isolement et le repli sur soi sont renforcés. En fait, la tension créatrice entre besoins individuels et attentes collectives n’est pas traitée.
L’impact des moyens techniques disponibles et des impératifs de délais et de rendement conduisent à une duplication sans fin de modèles jamais contestés (hygiène, sécurité, surveillance...), censés répondre aux besoins - présumés - d’individus indifférenciés. Enfin, la disqualification de la production antérieure comme objet de réflexion masque le fait - décisif - qu’hier, certaines réalisations de l’habitat populaire ont concrétisé des conceptions riches et ouvertes de la personne et des relations humaines.
Une main mise organique des géants du BTP. Progressivement libérés des commandes formelles des politiques et des contraintes réglementaires, à la fois maître d’œuvre et maître d’ouvrage, ils sont en position hégémonique et l’exercent : holdings avec les financeurs ; intégration de la fonction architecturale...
Cette position centrale leur offre une très grande latitude vis-à-vis des contrôles de la qualité et des coûts de réalisation.
Une politique à la source de la crise. Presque partout, les pouvoirs publics par leur négation des besoins réels -souvent conjuguée avec la fable d’une « société de propriétaires », par leur libéralisme foncier affirmé, par une politique d’affaiblissement - voire de privatisation -, des instruments publics indispensables au financement... concourent à un désengagement étatique continu vis-à-vis des communautés territoriales. Dans cette situation, nombre de celles-ci pratiquent une politique de délégation de maîtrise d’ouvrage aux géants du BTP ou à leurs filiales... et la crise s’amplifie.
Cette politique stérilise la production de savoirs : les universités, soumises aux mêmes conditions que les autres acteurs, ne produisent plus l’indispensable réflexion sur les liens entre passé et présent, proche et lointain, familier et inattendu.

…À celle de ses divers opérateurs

Bien sûr, des besoins s’expriment, des efforts existent à tous les niveaux de la chaîne de production mais les tentatives individuelles des plus lucides souffrent de leur isolement, de leur manque de recul, de leur cadre contraint.
Aujourd’hui, les réponses ponctuelles, partielles, individuelles et isolées ne peuvent mener qu’à l’épuisement, la désillusion, la démobilisation et la marginalisation...
Tout semble se poser comme si un ensemble d’enfermements, de conditions et d’impératifs - incontestables parce que perçus comme fatals - s’imposaient à tous. Pendant ce temps, la situation d’ensemble se dégrade et les besoins ne cessent de s’amplifier.
Cela ne peut pas continuer ainsi. Alors, comment en sortir  ?

Une hypothèse centrale pour sortir de la crise.

Nous formulons l’hypothèse que la construction d’une dynamique de transformation suppose l’ouverture de 4 chantiers...
Une analyse renouvelée car engagée. Sans analyse des conditions politiques, économiques, urbanistiques... déterminant aujourd’hui l’acte de construire, il n’existe pas de possibilité de transformation réelle.
Deux convictions fonderont cette recherche. Le rôle structurant du politique d’abord : si une politique (ou une absence de volonté politique) a produit une situation de faillite ; seule l’affirmation d’une conception plus large de l’action politique et de ses responsabilités ouvrira une perspective de progrès. L’impératif d’une rupture conceptuelle ensuite : seule l’analyse critique (la déconstruction) des modèles - de tous ordres - qui enferment aujourd’hui l’ensemble des acteurs permettra l’élaboration de références alternatives, fondements d’une dynamique nouvelle.
La mobilisation des citoyens. Sa formulation ne se réduit pas à l’affirmation pertinente du nécessaire concours des usagers aux phases principales de conception et de production. Si la question est fondamentalement politique, seule une intervention politique massive et lucide pourra modifier un rapport de forces aujourd’hui défavorable... et, c’est en tant que citoyens que les habitants, futurs usagers ou non, y concourront efficacement.
Le primat de l’action, des pratiques, de l’expérience et de la recherche. La pertinence créative de cette réflexion se construira dans une confrontation à la pratique et à l’histoire. Menée en liaison responsable avec les productions réelles, c’est à partir de conditions concrètes qu’elle analysera les obstacles, dégagera les solutions et, in fine, élaborera de possibles théorisations. Posant la production antérieure comme objet majeur de sa recherche, elle identifiera les ressorts de tous ordres qui ont fondé nombre de réalisations d’habitats populaires de grande qualité.
Le concours qualifié et engagé de tous les acteurs. Concours qualifié, pour que chaque question soit examinée en intégrant les divers points de vue opérationnels sous lequel elle se pose. Cela générera des tensions, des affrontements... mais leur formulation constitue le passage obligé de leurs résolutions... Dès lors, le concours engagé et responsable des membres du laboratoire contribuera à rendre créatives ces tensions et à construire des alternatives.
La conjugaison, dans un débat assumé, de la qualification et de l’engagement constitue la clé de la réussite.

Un outil : le Laboratoire International pour l'Habitat Populaire

Définir les axes de travail qu’appelle la mise en route d’une dynamique de transformation des conditions actuelles de production de l’habitat populaire constitue une nécessité incontournable. Cependant, celle-ci ne vaudra pleinement que si l’on se donne concrètement les moyens d’ouvrir les chantiers correspondants de telle sorte que les hypothèses soient expérimentées, évaluées, ajustées et approfondies. Telle est la condition de toute possibilité de donner corps à notre ambition de transformation.
C’est pour répondre à ces exigences qu’a été fondé le Laboratoire International pour l’Habitat populaire. Quelles fonctions devra-t-il assumer pour être efficacement l’outil d’une réelle démarche de transformation ?
Etre garant d’une démarche novatrice. L’ambition de transformation radicale nécessite une analyse de fond qui n’autorise aucun raccourci. Cela implique que le Laboratoire ne proposera pas de modèles « clés en main » ni de préconisations pensées en laboratoire, mais qu’il sera le garant d’une démarche de recherche qui définisse et rende possibles les voies et moyens - de tous ordres - qui transformeront radicalement cette production.
Etre promoteur de « Recherches-Actions ». La transformation progressive de programmes de productions en « Recherches-Actions » constituera le cœur de la démarche du Laboratoire qui s’associera ensuite au développement des recherches. D’ores et déjà, deux sites - Medellin (Colombie) et Le Port (Ile de la Réunion) - sont identifiés. Ces communes sont prêtes à collaborer avec le Laboratoire pour une aide dans la conduite de projets innovants de résorption d’habitats insalubres.
Etre plate-forme de convergences et de productions de savoirs. Pour produire, à partir des « Recherches-Actions », une recherche théorisante et synthétique à fort potentiel formateur, le laboratoire impulsera une approche globale et une vision large. Pour ce faire, il concourra au décloisonnement convergent des différents acteurs et des différents savoirs et en impliquera de nouveaux.
Etre producteur d’informations. Le laboratoire mettra à disposition du système de production de l’habitat populaire - via son site internet - un ensemble de ressources logistiques et documentaires. En outre, il publiera régulièrement une revue bilingue, les actes de son séminaire annuel et, autant que nécessaire, des notes sur l’état de la réflexion sur une question particulière.

Les fondateurs

Ville de Medellin (Colombie)
Représentée par M. Alonzo Salazar Jaramillo (Monsieur le Maire)
Ville de Le Port  (France)
Représentée par M. Jean-Yves Langenier (Monsieur le Maire)
Aire métropolitaine de Medellin et de la Vallée de Aburra
Représentée par M. Oscar Mesa Sanchez
Corporation Autonome Régionale du Centre d’Antioquia, Corantioquia
Représentée par son directeur M. Luis Alfonso Escobar Trujillo
Comfelnalco-Antioquia
Représentée par son directeur M. Mario Fernando Calle Uribe
Université Nationale de Colombie
Siège de Medellin, représentée par son vicerecteur M. Oscar Almario Garcia
École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier
Représentée par M. Attila Cheyssial
Université de Antioquia
Représentée par Marta Lorena Salinas (Faculté de Educación)
Fondation FORHUM
Représentée par sa présidente, Mme Maria Cecilia Munera Lopez
Fondation CONVIDA
Représentée par son directeur, M. Edison Munoz Ciro
Corporación CEAM
Représentée par son directeur exécutif, M. Herman Porras Gallego
Représentation des habitants du quartier de Moravia (Medellin)
Jean-François Parent, Architecte
Christian Pedelahore de Loddis, Enseignant à l’ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette
Fabian Beethoven Zuleta, Professeur à l’Université Nationale de Colombie

 




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