Laboratoire international pour l'habitat populaire

Intervention de Jean-François Parent aux 4èmes Utopiades "Utopies-Patrimoine" / Utopies

Utopiades 2014
Parc naturel régional du Vexin Français
Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes
Journée de séminaire et de débats
Utopie Patrimoine
Programmation urbaine et projets métropolitains en Vexin Français
LIHP / Jean François Parent architecte / Intervention 2 : UTOPIES
28 Mars 2014

Avec le terme Utopie, nous sommes en présence d’une idée complexe, dont le sens peu varier suivant la définition qu’on se donnera. Il nous parait donc difficile d’engager cette réflexion collective par une définition.
En effet, prendre comme point de départ les sens étymologiques du terme Utopie, c’est prendre le risque d’en imposer une certaine image. Par exemple, partant du sens étymologique de non lieu (aucun lieu), le sens et l’usage qui en dérive sera la construction initiale d’un pays imaginaire, où règne un gouvernement sur un peuple heureux (D’où dérive également le sens vulgaire, banal, de l’utopie : chimère, illusion, rêverie …).

Par contre si l’on décide de l’usage que l’on veut faire de l’utopie, on lui donnera un tout autre sens, une toute autre orientation.
L’utopie peut, en effet, permettre de mettre en question la réalité présente, en rendant étranger le familier (pour faire voir ce qu’on fini par ne plus voir). Elle peut permettre de ne plus être soumis à l’ordre existant, ni de se contenter de reproduire autrement le réel (sans même s’en douter). Se donner alors cette liberté de pensée ; c’est pouvoir innover vraiment. (Innover comme nécessité indispensable aujourd’hui dans les champs disciplinaire qui nous intéressent)
En ce sens, l’utopie doit être « inquiétante » en rendant étranger ce qui est le moins étranger pour nous.
Sans cette mise à nu de la réalité que l’utopie doit effectuer pour faire sens, elle n’est plus qu’un simple outil qui peut servir à « n’importe quoi », y compris ce qui ne serait pas voulu. Se serait alors tomber dans la « pure utopie » et risquer de se condamner au fait d’avoir oublié le sens (le but) des réalités.
Parce que l’on ne peut réellement faire l’indispensable analyse du réel que si l’on a l’esprit critique, l’utopie est critique ou elle n’est pas (ou n’être qu’un jeu « stérile » de l’esprit).

Remarque :
On pressent, ici, que la question de l’identité du sujet qui met en question l’utopie (et s’interroge lui-même) est fondamentale. En effet, il semble indispensable de ne plus se dire : qui « suis-je » (orientation abstraite psychologique) mais qui sommes nous (en temps que sujet social et politique) afin de réellement appréhender le réel (et ne pas avoir peur de lui en fuyant dans la pure rêverie) pour lui donner collectivement la forme que nous voulons.

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